R
Chargement...

Photographie portrait femme : ce que des années d’accompagnement ont changé dans ma manière de photographier

25/05/2026
Photographe féminité en Alsace pour se réconcilier avec son corps

– Par Aurélie, photographe & vidéaste — Alsace · Bourgogne · Et ailleurs

Pendant des années, j’ai écouté des personnes parler d’elles-mêmes. Et je crois qu’il y a une chose qui m’a toujours frappée : les gens voient souvent leurs défauts bien avant leurs qualités. Une critique, fondée ou non, peut résonner dans une tête pendant des années. Bien plus longtemps parfois qu’un compliment sincère.

C’est fou comme certaines phrases finissent par s’installer profondément : “je ne suis pas capable”, “je ne suis pas à la hauteur”, “je ne suis pas assez” et finissent par nous valoir plusieurs années de thérapie (merci à ses professionnels d’exister !). Et à force de les entendre, ou de se les répéter, elles deviennent parfois une manière entière de se regarder.

Le regard sur soi finit parfois par devenir une habitude

Nos parcours, nos blessures, nos complexes ou les remarques répétées finissent parfois par construire une image très réductrice de nous-mêmes. On oublie alors tout le reste : la force, la sensibilité, le courage, la manière dont on a continué d’avancer malgré tout.

Parce qu’au fond, beaucoup de personnes vivent tellement longtemps dans la critique d’elles-mêmes qu’elles finissent par croire que cette vision est la vérité. Et je crois que cette image intérieure finit parfois par prendre plus de place que la personne réelle.

Ce que cela a changé dans ma manière de photographier

Quand on a passé des années à écouter les doutes, les blessures ou le manque de confiance de quelqu’un, on ne regarde plus un corps ou un visage de manière totalement neutre. Et je crois que cela a profondément changé ma manière d’aborder la photographie portrait.

Parce qu’aujourd’hui, je refuse certaines façons de photographier. Je refuse de figer quelqu’un trop longtemps dans une pose inconfortable jusqu’à ce qu’il finisse par se surveiller entièrement. Je refuse de chercher une image “parfaite” qui ne ressemble plus réellement à la personne photographiée. Je refuse aussi l’idée qu’une femme doive devenir plus séduisante, plus lisse ou plus acceptable pour mériter une belle image d’elle-même.
Parce qu’après des années dans l’accompagnement, je sais à quel point le regard sur soi peut déjà être violent. Alors j’essaie plutôt de créer un espace où l’on respire. Où le corps peut rebouger. Où la personne peut exister avant même de “bien poser”.

Et souvent, ce sont dans ces moments-là que les images deviennent les plus vraies.

Pourquoi les femmes m’ont toujours profondément touchée

J’ai toujours été fascinée par la manière dont les femmes continuent d’avancer malgré tout ce qu’elles traversent parfois silencieusement. Par ce mélange étrange de force et de douceur. Par ces parcours souvent cabossés, parfois magnifiques, parfois épuisants, qui finissent pourtant toujours par faire écho à une autre femme quelque part.

C’est aussi pour cela que j’avais commencé mon projet vidéo La Femme il y a quelques années. Je voulais raconter autre chose qu’une simple esthétique. Je voulais comprendre ce qui se cache derrière un regard, derrière un sourire, derrière un silence. Quelle histoire. Quelle bataille. Quelle lumière aussi.

Parce que lorsqu’on a écouté des personnes pendant des années, on ne peut plus s’arrêter uniquement à une image.

On a envie de comprendre ce qui fait quelqu’un. Ce qui l’a construit. Ce qui l’a blessé. Ce qui le tient encore debout aujourd’hui.

Photographe thérapie par l'image séance photo pour se réconcilier avec soi et son image

Quand une séance photo devient aussi un espace de parole

Je crois aussi que l’image touche à quelque chose de profondément intime. Certaines séances remuent bien plus qu’on ne l’imagine au départ.
Parce qu’être regardé, se voir autrement, reprendre doucement sa place dans une image, peut parfois faire surgir : des émotions, des souvenirs, des blessures, ou simplement une immense fatigue qu’on tenait debout depuis longtemps.

Alors oui, certaines personnes pleurent pendant une séance. Certaines parlent énormément. D’autres ont besoin de silence. Et parfois, derrière une simple phrase comme :
“je ne suis pas photogénique”, se cachent des années de honte, de comparaison ou de dureté envers soi-même.

Et je crois que mes années dans l’accompagnement ont profondément changé ma manière d’accueillir tout cela. Pas pour jouer un rôle qui n’est pas le mien. Mais pour comprendre que derrière une image, il y a toujours une personne entière. Avec son histoire, son rythme, ses fragilités, ses limites aussi.

C’est pour cela que Muse n’a jamais été pensé comme une simple séance photo. Mais comme un espace doux, où l’on peut exister sans avoir à performer, sans avoir à être parfaite, et sans avoir à s’excuser de ressentir.


Je suis Aurélie Rhodier, photographe en Alsace, Bourgogne et partout ailleurs pour les femmes qui souhaitent se réapproprier leur image à travers des séances photo sensibles, intimistes et profondément humaines autour de l’estime de soi, du regard sur soi et de la reconnexion à leur corps.