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Ce que nos familles nous transmettent sans le vouloir

30/06/2026
Photographe famille en Alsace
  • Par Aurélie Rhodier, photographe et vidéaste spécialisée dans l’image de soi et les récits de vie

Nous héritons de bien plus que des traits physiques. « Tu as les yeux de ton père. » « Tu as le sourire de ta mère. »

Ces phrases, nous les entendons depuis l’enfance. Pourtant, ce que nous recevons de notre famille ne se limite pas à une couleur de cheveux ou à une ressemblance. Nous héritons aussi parfois de choses beaucoup plus discrètes : des phrases entendues au détour d’une conversation, des habitudes, des peurs, des silences, des secrets ou encore des façons de réagir face aux difficultés. Sans même nous en rendre compte, ces héritages invisibles participent à construire notre vision du monde, des autres et de nous-mêmes.

Certaines histoires continuent de vivre en nous

Les chercheurs se sont intéressés à la transmission familiale et à la manière dont certains mécanismes de défense, parfois même de survie, peuvent traverser les générations. Des études menées auprès de familles ayant connu la guerre, l’exil ou des événements traumatiques ont notamment montré que certaines peurs, certaines réactions ou certaines croyances pouvaient continuer à influencer les générations suivantes, même lorsque celles-ci n’avaient jamais vécu les événements en question. Mais il n’est pas nécessaire de remonter à des événements aussi marquants pour observer ces phénomènes.

Nous grandissons en regardant nos proches. Nous observons leurs comportements, leurs réactions, leurs inquiétudes, leurs joies, leur manière d’aimer ou de se protéger. Et bien souvent, nous nous construisons par mimétisme. Bien sûr, nous héritons aussi de magnifiques ressources : de la résilience, de la générosité, du courage, de l’humour, de la créativité ou encore de la capacité à rebondir. Mais certaines croyances plus difficiles trouvent également leur place en nous, parfois malgré nous.

Comprendre ne signifie pas accuser

Comprendre ce qui nous a été transmis ne consiste pas à chercher un coupable. Chacun fait comme il peut avec son histoire, ses blessures, ses ressources et les outils dont il dispose à un moment donné de sa vie. Même avec les meilleures intentions du monde, nous commettons tous des erreurs … nous ne sommes que des humains …

Ce qui devient intéressant, en revanche, c’est lorsque nous commençons à nous demander :

  • Cette peur m’appartient-elle vraiment ?
  • Cette croyance me fait-elle encore du bien aujourd’hui ?
  • Ai-je envie de continuer à la porter ?

Car en comprenant d’où viennent certaines façons de penser, nous pouvons choisir ce que nous souhaitons conserver et ce que nous avons envie de transformer.

Garder des souvenirs de sa famille, des ses enfants lors d'une séance photo famille à Dijon

Ce que cela m’apprend à travers Muse et Héritage

On pourrait penser que les séances Muse et Héritage n’ont pas grand-chose en commun. Et pourtant, je crois qu’elles se rejoignent profondément.

Héritage regarde vers le passé. Vers ce que l’on nous laisse, vers ce qui nous construit, vers les récits qui façonnent une famille et écrivent une partie de notre histoire.

Muse regarde davantage vers l’intérieur. Qui suis-je avec cet héritage ? Comment est-ce que je me construis à travers lui ? Quelles ressources ai-je reçues ? Quelles peurs ai-je intégrées ? Comment puis-je honorer ce qui m’a été transmis tout en me libérant de ce qui ne me correspond plus ?

Au fond, ces deux approches posent une question très proche : Comment devenir pleinement soi sans oublier d’où l’on vient ?

Déposer certains bagages pour avancer plus librement

Peut-être que grandir ne consiste pas seulement à avancer. Il faut peut-être parfois prendre le temps de regarder derrière soi. Afin de comprendre ce qui nous a été transmis, remercier certains héritages, questionner certaines croyances, et déposer quelques bagages devenus trop lourds à porter. Afin de continuer le chemin un peu plus librement.

Bien sûr, cela n’est pas toujours confortable. Il est parfois difficile de penser autrement que ce que l’on nous a appris. Difficile de remettre en question certaines habitudes profondément ancrées. Difficile aussi d’oser emprunter un autre chemin. Mais vous savez ce que je trouve beau dans cette démarche ? C’est que lorsque nous nous libérons de certains poids, nous ne le faisons pas seulement pour nous. Nous ouvrons parfois la voie à ceux qui viendront après nous et nous laissons entrer un peu de lumière pour ceux qui étaient avant nous.

Cette réflexion m’a été inspirée par une chanson que j’affectionne particulièrement et qui parle, à sa manière, de ces histoires que nous portons, de ces peurs que nous héritons parfois sans le savoir et de cette lumière que nous pouvons choisir de laisser entrer.

Je vous laisse la découvrir à votre tour.

Je veux comprendre ce que les grands voulaient taire
J’ouvrirai la porte pour laisser entrer l’air
J’irai, j’irai, j’irai même si j’ai peur
Je tirerai les rideaux, les volets grands ouverts
Pour regarder au loin les jardins roses et verts
J’irai, j’irai, j’irai, j’irai dehors

Je verrai la pièce s’emplir de lumière
Le reflet des larmes dans les yeux de ma mère
Chasser, chasser, chasser ce qui nous faisait peur

Prière pour reconstruire – Barbara Pravi.


Je suis Aurélie Rhodier, photographe en Alsace, Bourgogne et partout ailleurs pour les femmes qui souhaitent se réapproprier leur image à travers des séances photo sensibles, intimistes et profondément humaines autour de l’estime de soi, du regard sur soi et de la reconnexion à leur corps.